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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 12:35

L'Espagne est, avec la Russie, le seul pays d'Europe où aucun fonctionnaire, policier ou militaire, n'a jamais eu à s'expliquer devant les tribunaux pour avoir accompli les ordres d'une autorité dictatoriale, conformément aux lois du régime dictatorial. En 1944-1945, que ce soit en Allemagne, en France ou en Italie, nombreux ont été ceux qui ont été jugés pour avoir obéi à des ordres qu'ils pouvaient croire légaux, mais qui allaient à l'encontre du "droit des gens" ou de lois non-écrites, mais inhérentes à la culture démocratique. L'Espagne et la Russie, lorsqu'elles sont revenues à la "démocratie", n'ont demandé de comptes à aucun de ceux qui avaient servi le régime dictatorial, comme si le fait d'avoir "obéi à la loi" était une excuse suffisante (ce que n'ont pas admis les juges allemands pour les policiers de la Stasi, après la chute du mur de Berlin). En Espagne comme en Russie, tout se passe comme si on n'avait pas l'idée qu'il existe des lois injustes, et qu'on doit leur désobéir. Rien n'a changé depuis l'Ancien Testament, la loi est toujours juste, il faut toujours lui obéir. Si la Constitution se réfère à "l'unité indissoluble de la nation espagnole", il n'est même pas possible d'envisager la possibilité d'une séparation entre les "nationalités" qui composent cette "nation". Même pas de consulter le corps électoral - comme si c'était une vérité éternelle... Rappelons qu'en 1898, Cuba et les Philippines étaient inclus dans cette union indissoluble, qui s'est alors dissoute, à l'issue d'une guerre. Dans le cas de la Catalogne, les guerres ont déjà eu lieu, et la séparation peut être pacifique, si les politiques espagnols peuvent enfin accéder à la conscience démocratique.

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Published by jean-louis
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